Prix de l'Académie Montesquieu

Grand-Prix 2011 : Madame Céline Spector

Le Grand-Prix 2011 de l’Académie Montesquieu est attribué à Madame Céline SPECTOR.

L’Académie Montesquieu récompense Madame Céline SPECTOR, professeur à l’Université de Bordeaux-Montaigne, pour son ouvrage consacré à la pensée de Montesquieu.

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Les Archives départementales de la Gironde ont accueilli, ce lundi 14 novembre 2011, la cérémonie de remise du Prix Montesquieu 2011 en présence de Philippe MADRELLE, sénateur et président du Conseil général de la Gironde, de Xavier ROLLAND-BILLECART, président de la Caisse des dépôts et consignations, et de Jean MONDOT, professeur à l’Université de Bordeaux-Montaigne . Cette année, l’Académie Montesquieu représentée par son Président Christian TAILLARD a récompensé Madame Céline SPECTOR, professeur de philosophie à l’Université de Bordeaux-Montaigne, pour son ouvrage Montesquieu : liberté, droit et histoire, publié aux éditions Michalon.

(Source : Bordeaux Gazette, 15 novembre 2011)

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Céline Spector avec le prix remis par Christian Taillard et Jean Mondot
(photo Bordeaux Gazette – Mireille Rajoely)

 

En récompensant Madame Spector, l’Académie Montesquieu a voulu saluer l’intention de la jeune normalienne, spécialiste de la pensée politique des Lumières, de proposer un ouvrage introductif à l’œuvre de Montesquieu qui sorte des poncifs qui contribuent à la méconnaissance de la véritable pensée de l’illustre Bordelais. L’on connaît surtout Montesquieu pour le caractère libéral et moderne de sa pensée – la séparation de pouvoirs – mais l’on sait moins qu’il fût le penseur de l’un des ressorts essentiels des sociétés démocratiques modernes. Là où le penseur anglais (1723-1790) Adam Smith voyait dans le désir de profit individuel la source de l’harmonie et de la richesse des nations (la célèbre « main invisible », credo du capitalisme), Montesquieu maintient une forme de pluralité des motivations individuelles dans le jeu social en posant qu’au déclin progressif des vertus en politique se substitue le désir de reconnaissance individuelle – ce qu’une vision purement économique du jeu social ne saurait comprendre. Ce serait ainsi méconnaître profondément notre modernité que de faire la double erreur de croire que la pratique politique de notre modernité peut devenir morale d’une part et que le seul profit économique est source de motivation d’autre part. C’est ce que permet de comprendre l’ouvrage précieux de Madame Spector. On peut bien entendu le trouver dans tous les bonnes librairies.